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11.11.2010

LES CHATEAUX DU DESERT DE JORDANIE

 

Châteaux du Désert de Jordanie

 

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On appelle châteaux du désert un groupe de constructions proche-orientales datant du viie et VIII en gros entre 660 et 750, pendant le règne de la dynastieomeyyade après son installation à Damas. La plupart d'entre eux se situent à l'est d'Amman le long de routes menant de Damas à Médine ou à Koufa.

La plupart des édifices possèdent des caractéristiques communes : un aspect fortifié, l'utilisation du pied romain comme unité de longueur (un pied romain mesurant 35 cm), l'organisation autour d'une cour centrale. Ces édifices sont soit des reconstructions de ruines préexistantes, soit des constructions nouvelles.

Ces bâtiments apparemment dispersées dans le désert pouvaient servir de caravansérails, de bains isolés ou de pavillons de chasse. Ils ont fait partie d'un système agricole ou commercial. Ils ont principalement été construits lorsque les Arabes ont réussi à transformer ces zones désertiques en établissements bien alimentés en eau

 

Leur fonction

Les châteaux de désert ont d'abord été considérés comme des lieux de retraites pour les princes omeyyades aux origines nomades. Ces châteaux leur auraient permis de retourner au désert où leur sensibilité de nomades pouvait mieux s'exprimer et où ils pouvaient poursuivre leurs passe-temps favoris loin des regards.

Cette hypothèse a été remise en cause car ces bâtiments sont à des emplacements où on a trouvé des systèmes élaborés d'irrigation qui font penser à des exploitations agricoles. Ce serait le résultat d'une politique d'extension des zones cultivées développée par les Omeyyades.

 

Une autre explication encore plus récente de la raison d'être de ces bâtiments serait leur fonction « d'architecture diplomatique ». Ils permettaient le maintien d'un contact étroit avec les tribus de la région qui étaient des alliés des Omeyyades.

Ces châteaux ont pu servir de refuge pour fuir les épidémies de peste dans les grandes villes2.

Il est également possible que certaines de ces structures, comme Qasr Amra et Qasr Kharana, aient servi de haltes de repos aux hauts fonctionnaires du gouvernement sur leur chemin du Hejaz. Cette utilisation ponctuelle et provisoire de ces bâtiments peut expliquer la pénurie de tessons de poterie de ces sites. Une combinaison de circonstances pourrait donc avoir incité les Omeyyades à construire châteaux de désert. Aucune hypothèse n'est suffisante pour expliquer toutes ces constructions1.

 

La portion de territoire située entre Amman et la frontière irakienne est ainsi jalonnée de châteaux en majorité bâtis par les princes omeyyades. Les lieux étaient alors moins arides qu’ils ne sont aujourd’hui. La disparition progressive de l’Oasis d’Azrak, encore qualifiée de Petite Camargue il y a quelques années, en est révélatrice. Ces petits châteaux sont des résidences secondaires, des lieux de détente et de plaisir, à l’écart de l’agitation de la ville et des rigueurs du clergé. Le seigneur pouvait y pratiquer la chasse, recevoir ses amis, organiser des concerts dans ses appartements, voire plus. L’usage de ces lieux s'apparente un peu aux châteaux français qui fleurirent aux XVIe et  XVIIe siècles. Contrairement à leurs homologues de Syrie (Qasr el Heyr el Sharqi, Qasr el Heyr el Gharbi, Qalaat el Rabbeh), les châteaux du désert jordanien ne sont pas à usage défensif.

 

. Résidence de Qasr Amra

 

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) Qusair Amra (en arabe : قصير عمرة, quayr ʿamra , « petit palais ») est le plus célèbre des châteaux du désert de l'Est jordanien. C'est l'un des exemples les plus remarquables du premier art omeyyade et de l'architecture islamique.

 

Géographie]

Le château se trouve au bord de la route n° 40, à environ 85 kilomètres d'Amman, et à environ 21 kilomètres d'Al-Azraq. Le site est aujourd'hui protégé et clôturé, et fait partie des biens culturels gérés par le Ministère jordanien du Tourisme et des Antiquités.

 

Histoire

Qusair Amara a été construit au début du viiie siècle (probablement entre 711 et 715) par le calife Omeyyade Walid I dont la domination progressait à l'époque dans cette région). Longtemps à l'état d'abandon, il a été redécouvert par Alois Musil en 1898.

Classement au Patrimoine mondial par l'UNESCO

Les longues années d'abandon ont provoqué une grave détérioration de la décoration : les fresques sont endommagées par des graffitis. Des projets de restauration sont en cours. Le puits et le système d'adduction sont visibles. Il a été désigné patrimoine de l'humanité de l'UNESCO en 1985, sur la base des critères i), iii) et iv) (« chef d'œuvre du génie créatif humain », « témoignage unique ou pour le moins exceptionnel d'une tradition culturelle », et « exemple remarquable d'un type de bâtiment, d'ensemble architectural ou technologique ou paysage illustrant une étape significative de l'histoire humaine »).

 

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un puits pour le ravitaillement en eau
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en Qasr el Kharaneh

 

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Cette imposante structure est située à environ 65 km à l'est de Amman et 18 km à l'ouest de Qusayr Amra. Kharaneh est l'un des mieux conservés monuments omeyyades dans la steppe jordanienne. Il se compose de 61 chambres, réparties sur 2 niveaux entourée d'une cour centrale portiques. Ces chambres sont regroupées en unités d'auto-contenus (bayt), constitués chacun d'un hall central flanqué de deux côtés par une paire de chambres donnant sur le hall central.

Un tour de trois quart contrefort soutient chacun des 4 coins, et 2 quarts de tours rondes en ligne de l'entrée dans le milieu du côté sud, tandis que les demi-ronde contreforts occupent le milieu des 3 autres côtés.

Les murs extérieurs sont percés par des ouvertures étroites pour l'éclairage et la ventilation, et non meurtrières comme décrit parfois. De chaque côté du passage qui mène à la cour centrale, est une longue salle, qui servait d'écurie et cellier. À l'origine, un petit réservoir d'eau se trouvait au milieu de la cour pour recueillir l'eau de pluie sur les toits. d'eau supplémentaires ont été obtenus à partir de s'infiltrer-trous creusés dans la vallée de-lit adjacent.

La construction et l'architecture technique de trahir sassanide influences, telles que l'utilisation des trompes et des voûtes peu profonds reposant sur des arcs doubleaux, en plus de décorations en stuc sculpté.

 

Qasr el Kharaneh, à une demi-heure de route vers Amman, ne dispose pas d’un décorum aussi riche. Il ne s’agit pas d’une résidence princière. L’extérieur de cet ensemble quadrangulaire, ses murs et ses tours d’angle, indique une vocation défensive. La disposition intérieure semble contredire ce discours. Les écuries placées près de l’entrée et les diverses salles évoquent davantage un relais caravanier. Les détails de l’architecture de khan du désert aux allures de mini forteresse sont intéressants. Certaines pièces ont été restaurées, avec un peu trop de zèle. Du toit, vue intéressante sur le désert de la platitude n’est interrompue que les pylônes électriques.

En contrebas de l’Aéroport International de Amman, peu de visiteurs se rendent à Qasr el Mshatta, qui fut pourtant le plus vaste et le plus important de ces châteaux. Il n’y a plus grand chose à voir ici, si ce n’est les murs d’enceinte et de la salle du trône du Calife. Les remarquables murs sculptés de la façade ont été démontés au début du siècle et transférés au Pergamon Museum de Berlin. Admirable décoration de motifs végétaux rythmés en figures triangulaires. Ce chef d’œuvre a échappé de peu aux bombardements alliés de 1945, une partie de la salle dans laquelle il est conservé s’était alors écroulée...

 

 

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Qasr Azraq

 

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Qasr el Azrak est l’exception qui confirme la règle. Cet ensemble fortifié était destiné à protéger l’Oasis d’Azrak, un point d’eau important. Utilisé par les romains, par les Omeyyades puis par Lawrence d’Arabie, on ne peut cependant le comparer aux grands exemples de l’architecture militaire que compte le pays (Kerak, Shawbak, Ajlun...). Ses proportions sont modestes et son emplacement ne constitue ni un nid d’aigle, ni une place forte naturelle. Qasr el Azrak a été construit en basalte noir, ce qui le rapproche des architectures du Hauran Syrien. Divers corps de bâtis, dont la tour à l’entrée et la mosquée dont on peut distinguer le mihrab en direction de la Mecque,  se repartissent autour d’une cour. C’est en levant les yeux qu’on peut admirer la plus belle originalité architecturale de ce château, ses plafonds. Des énormes blocs de pierre sont placés en encorbellement, et remplacent ainsi les poutres, le bois étant difficile à dénicher dans le coin. Deux autres détails intéressants, à l’entrée: des inscriptions en grec, et le gardien qui à l’air aussi vieux que les pierres qu’il habite.

Cette forteresse de basalte noir fut édifiée par les romains au 3ème siècle puis remaniée au début du 13ème siècle. Elle est devenue célèbre depuis que Lawrence d’Arabie et Faysal en firent leur QG en 1917. La chambre de Lawrence d’Arabie, très sommaire, se trouve au dessus de la porte Sud composée d’un bloc de basalte.

 

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16:13 Écrit par petitefleur-06 dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |

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